On rêve, Narcisse au miroir cerné de coquillages, devant ces petits colliers de pensées au couleurs fanées, souvenirs des années cinquante made in USA, ces bagues grimoires lourdes comme des livres de messe surplombées d’une tête de mort en ivoire ou cette broche tête de chaman en schiste et plumes de corail. Lydia Courteille s’amuse, enchaine les dents de phacochère, tisse les toiles d’araignée de diamants et baptise ses collections pour le lyrisme et le jeu, Fiancée du pirate ou Cocaïne tant ces pierres-là, vues à son doit, ressemblent à des boules de neige. Des pierres folles et fines, achetées de par le monde, puis gravées ou serties dans ces ateliers et déjà attendues à Paris pour elles, ses clientes, d’ont elle connait par cœur les penchants lapidaires.
Et toujours le plaisir, intact depuis les années quatre-vingts de ses débuts et toujours l’œil qui brille et sourit, presque gourmand, en ouvrant cet écrin de soie délavé sur une parure de mariage Empire en topazes roses. Un truc de petite fille qui fouille, farfouille et joue encore avec la curiosité méthodique et coquine de l’enfance alors qu’elle collectionnait les cailloux, schistes ardoisiers, grenats… sur les rives de l’ile d’Yeu.
A l’époque, elle flirte avec l’étrange, voue une drôle de passion au Christ et lit Sciences et Vie, la revue de papa. Elle y apprend sa géologie, devient biochimiste faute d’avoir pu être archéologue.
Un jour, sa montre tombe à l’eau, elle ira ainsi au-devant des bijoutiers pour la faire réparer. Depuis, elle suit son instant, cède à ses envies de Père Noel, de chevalerie, de péché originel et de bijoux objets comme ce Bouddha mi-bébé, mi-fœtus lové dans une fleur de lotus, et étrangement joli.
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